Voilà, c’est fini. 5


Lendemain de fête, j‘ai la gueule de bois, non pas d‘avoir trop bu ou trop chanté.

L‘entrée et le plat de résistance ont été plutôt appréciés. J‘ai pris plaisir à les partager avec les fidèles et les plus anciens. De plus, quelle joie d‘accueillir autour de la table familiale du tout terrain, les débutants, les jeunes talents et champions de demain. Ils ont dépoussiéré les couverts, c‘est plutôt sympa.

Pourtant, le dessert ne passe pas. Il me reste en travers de la gorge. Depuis dimanche, je me demande si cet acharnement à vouloir vous rassembler autour de moi était une bonne idée. J‘en viens presque à regretter l‘investissement et l‘énergie déployés.

Comme cela peut parfois arriver dans des réunions de famille, les querelles intérieures m‘ont empêché d‘apprécier le repas jusqu’au gâteau d‘anniversaire.

Ne me demandez pas d‘en faire plus que je ne peux. Chacun son rôle, chacun sa place. Le mien est d‘organiser la table et de préparer le menu. Ce n’est pas moi qui lance les invitations.

Tout ce qui se passe autour n’est pas entre mes mains, n’est pas en mon pouvoir. Il est grand temps que toutes les personnes concernées (réglementation et constructeurs) se rassemblent de manière constructive. Le problème reste entier. Se voiler la face n’est pas rendre service au tout terrain. Maxime Fourmaux et Jean Garicoix ne méritent-ils pas un autre traitement ? L’un est vainqueur sans reconnaissance, l‘autre est proclamé vainqueur sans pour autant être le premier. Pilotes et copilotes, sachez qu’aucun des organisateurs de rallye n‘est à l‘origine de cette situation. Le résultat de ce week-end peut aussi arriver ailleurs.

La nouvelle génération pointe son nez. Donnez leur la possibilité de s’amuser tous ensemble et non pas de se croiser en s’ignorant. Donnez leur une autre image que celle que vous êtes en train de construire. Mes pistes leur seront toujours ouvertes. Encore faut-ils qu’ils sachent comment en profiter pleinement. Et que dire du public qui n’y comprend plus rien.

Ces retrouvailles ont commencé sous un grand soleil. Petit à petit, le brouillard et un peu de pluie sont arrivés. C’est ma joie qui a laissé place à la tristesse. Tristesse de voir ma famille se déchirer, tristesse de voir mes bénévoles ou commissaires se faire insulter dans les parkings et les zones public, tristesse d’entendre et de lire la bassesse des commentaires qui suivent.

Voilà pourquoi le dessert ne passe pas.

J’espère tout de même avoir apporté de la joie à une majorité d’entre vous, acteurs ou spectateurs.

Je remercie tous ceux qui ont cru en moi dans ce contexte si particulier et qui ont répondu présent à tous les niveaux. Je remercie les hommes derrière les machines, d’avoir livré une telle bataille jusqu’au bout, quels que soient leur talent ou leur classement. Cette 64ème édition aurait pu être belle. Dommage.

Je suis né en 1951. L’an prochain, je passerai le cap des 70 ans. A cette occasion, j’ai l’intention d’ouvrir à nouveau mes pistes sans pour autant perdre mon âme. Mais tout dépendra de l‘évolution des relations entre les décisionnaires et acteurs. Mon grand âge me laisse le droit à la réflexion. Est ce que, en 2021, je dois prévoir deux rendez vous avec ma famille du tout terrain ou un seul ? A ce jour, le rendez vous du mois de juin tient la corde. Pour celui de septembre, tout dépendra de la qualité des dialogues, du retour de la sérénité et du respect. Je ne peux vous dire aujourd’hui en quelle année aura lieu ma 65ème édition.

Le Rallye des Cimes


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5 commentaires sur “Voilà, c’est fini.

  • Michel LASPRESES

    Cher Rallye des Cimes,
    En te lisant, comme toi cher Rallye des Cimes, je suis triste de la polémique survenue. Je voudrai ici apporter à tous ceux qui œuvrent pour ton rayonnement, mon soutien et mes encouragements à continuer. Je sens chez eux de l’agacement, du découragement, résistez, faites comme vos prédécesseurs il y a 50 ans qui ont su tenir bon face à ces farouches pro-jeep et anti-buggy. Ne tombez pas dans ce piège.
    Il ne peut y avoir qu’un seul vainqueur des CIMES, n’en déplaisent aux grincheux et autres frustrés. C’est la dure loi du sport. Seuls les grands champions savent reconnaître la défaite et la surmonter.
    Qui peut s’octroyer le droit de travestir l’idée originelle de Sauveur BOUCHET qui lança un jour de 1951 un défi, ce pari devenu aujourd’hui le Rallye des Cimes.
    Reprenons l’idée originelle : Partir de Licq Atherey et revenir à Licq le premier après avoir franchi le col d’Organbidexka. Qui sera capable de défier la montagne avec les moyens du bord et d’aller le plus vite ? Y a-t-il eu des tergiversations, peut-être, pouvait-on prendre une pelle, une pioche, une barre à mine, des cordes, des chaines ? Il fallait défier la montagne, être le plus rapide avec les moyens du bord point final. Les mots ont une importance : être le plus rapide avec les moyens du bord.
    Aujourd’hui que se passe-t-il ? Les moyens ont changé, le règlement s’est précisé, reste que le vainqueur sera toujours le plus rapide.
    Maxime FOURMAUX est bien le plus rapide, le chrono a parlé. Même si ça ne fait pas plaisir à certains, le chrono, c’est le chrono. Avec Thierry de Montcorgé il y a 47 ans en 1973 un buggy battait les jeep, qu’a-t-on entendu à l’époque. Ce dimanche 6 septembre 2020 oui, un SSV a mis fin à la suprématie des buggys. Il faut s’y faire, c’est acté. C’est ainsi que s’écrit la belle histoire des Cimes.
    Vous dire que j’en suis ravi, non tant le spectacle au bord de la piste est lassant.
    Voilà un vrai sujet à travailler. Que la FFSA, les pilotes, les constructeurs, les organisateurs s’emparent vite du sujet pour que le spectacle revienne car sans lui, plus de public, mais aussi plus de partenaires et à terme… comment un organisateur pourra-t-il boucler son budget ? plus de rallye TT. Je n’ose même pas y penser.
    Courage, ne lâchez rien, à chaque problème sa solution. Longue vie au Rallye des Cimes.

    • PIERRE

      Excellent commentaire dans lequel tout est parfaitement résumé et argumenté. Effectivement, les SSV ne donnent pas autant le frisson que les buggies, mais le fait de les avoir tous mélangés a permis d’éviter un défilé monotone d’engins castrateurs en sensations.
      Maxime Fourmaux est un beau vainqueur qui a dû mouiller la combinaison pour battre les cousins Garicoix, mêm si ça ne se voyait pas trop sur le bord des spéciales.
      Ce rallye est un monument qui fait partie du patrimoine local et j’ai une confiance totale dans l’équipe qui l’organise pour nous concocter encore de belles éditions.

  • Grasti

    Un rallye magnifique, une organisation toujours aussi efficace malgré les conditions « spéciales » cette année.
    Un SSV l’emporte de haute lutte contre des buggys qui ne lâchent rien. Est-ce le début d’une nouvelle ère? comme quand Monsieur De Moncorgé (1973) puis Yves Pachiaudi (1974 …) avec leurs Buggys ont été plus rapides que les vénérables Jeep et autres 4×4.
    La roue tourne…comme les roues cramponnées des TT.
    Bravo à TOUS les pilotes, à TOUS les bénévoles et aux Souletains pour leur accueil chaleureux.
    Et surtout que l’équipe de l’écurie garde le moral et reste fière de la belle épreuve qu’elle nous offre chaque année.
    … »les chiens aboient et la caravane passe »…

  • gagnard marcel

    Bonjour
    Encore merci pour toute l’organisation qui est très bien (que les gens sont bêtes ils ne réalisent pas combien c est dur d’organiser et que si cela continue il n’y aura plus rien à cause de gens qui ne respectent pas ces consignes????)
    Le port du masque à tardets malgré les recommandations répétées de l’homme au micro laissait à désirer certains (sur la tête?)
    Dommage qu’il manquait louis Dronde voiture non terminée!
    Encore merci pourtout

  • Doubeck Jean-Pierre

    Allez, prends ton dessert l’ami !
    Je n’étais ni dans l’organisation ni dans les équipages, mais je crois discerner une déception certaine..
    L’Esprit des Cimes semble avoir fait place à l’esprit génération 2020.. On arrive, tout doit être organisé, tout nous est dû, on ne respecte plus le Staff et la démesure de la préparation d’un tel challenge.
    « La gagne à tout prix ! », servie sur un plateau.
    Pauvres c… ! Ils n’ont rien compris.
    Les « anti-jeu » ne devraient plus figurer sur la liste des inscrits.
    Tous mes encouragements ! Ne baissez pas la garde, et continuez à perpétuer le rêve !
    Jean-Pierre Doubeck, copilote Cimes L’Historique 2017/2018, la Belle Ecurie Lantivy