Quadruple vainqueur du Dakar avec Nasser Al-Attiyah et six titres mondiaux, la vie de Mathieu Baumel a basculé le 29 janvier 2025 percuté par une voiture alors qu’il portait assistance au bord d’une route. Il se retrouve alors dans une situation critique, les jambes gravement touchées. S’ensuivent des jours terribles avec des opérations, un coma artificiel, deux arrêts cardiaques et des complications en série. Il s’accroche à la vie mais doit prendre la douloureuse décision de se faire amputer de la jambe droite, trop endommagée.
Onze mois plus tard, ce copilote fut au départ de la 48è édition du Dakar à Yanbu au côté du belge Guillaume de Mévius. Les conséquences furent terribles certes mais, « j’ai la chance d’avoir toute ma tête et elle fonctionne bien » martèle-t-il à chacune de ses apparitions. Car, après le Dakar 2026, ce co-pilote professionnel n’est pas resté inactif. Avec différentes prothèses, il est comme « Monsieur Tout le Monde » : vélo, marche, plonge dans les piscines… avec cette résilience que tout son entourage lui reconnait. « Mat » comme l’appelle ses proches amis, voit en lui un « guerrier », un « combatif » qui ne renonce jamais. Et ce ne sont pas les Cimes qui l’apeurent, bien au contraire ! Il le démontrera en ouvrant la piste devant la centaine de concurrents au volant d’un Can-Cam spécialement aménagé par Quad Bikes Evasion de Vincent et Romain Locmane.
Comment as-tu accueilli l’invitation formulée par l’équipe du Rallye des Cimes et son Président Félix Bosom ?
Franchement, avec beaucoup de joie. Quand on reçoit une invitation pour un rallye aussi mythique que le Rallye des Cimes, on ne peut être qu’heureux. Je remercie sincèrement Félix Bosom et toute son équipe pour leur confiance. C’est un honneur d’être là, derrière un volant et, de pouvoir ouvrir l’épreuve avec mon ami François Cazalet. J’ai vraiment hâte de vivre ce week-end avec tous les passionnés.
Que représente pour toi, le Rallye des Cimes ?
C’est un rallye qui fait partie du patrimoine du sport automobile français. Il a une histoire. On y vit une ambiance incroyable et surtout une vraie ferveur populaire. Ce que j’aime aux Cimes, c’est de voir autant de passionnés et de spectateurs réunis autour d’une même passion. C’est exactement ce qui fait la beauté de notre sport.
Ouvrir l’épreuve, rencontrer des personnes qui connaissent ton nom, ton accident, ton palmarès sur le Dakar et autres rallyes-raids, est-ce un “plus” sur le plan humain ?
Oui, clairement. Les réseaux sociaux ou la télévision racontent une partie de l’histoire, mais rien ne remplace de vraies rencontres. J’aime prendre le temps d’échanger, de répondre aux questions, de partager mon expérience. Si mon parcours peut montrer qu’on peut rebondir après un accident et continuer à vivre ses rêves, alors j’ai déjà gagné quelque chose !
Quel message formules-tu avant l’épreuve et ton implication sur ce rallye mythique ?
Je souhaite à tous les concurrents de se faire plaisir, de profiter de chaque kilomètre et de donner le meilleur d’eux-mêmes. Un immense merci aux bénévoles et aux organisateurs, sans qui un événement comme celui-là ne pourrait exister. Je donne rendez-vous au public au bord des spéciales: venez y nombreux. L’ambiance promet d’être exceptionnelle ! Je suis fier d’être présent sur ce rallye unique et magique et de partager cette belle fête anniversaire avec vous tous.
Propos recueillis par Marie-France Estenave
